Omega 3 et omega 6 : les acides gras essentiels

0
469
omega 3 et 6

Les Acides Gras Omega 3 (⍵3) et Omega 6 (⍵6) sont des AGEPI (Acide Gras Essentiels Poly Insaturés), ils sont « essentiels » ou mieux « indispensables » car ils ne sont pas synthétisés par l’organisme. Les animaux dépendent donc de leur nourriture pour les assimiler.

A quoi servent les Omega 3 et les Omega 6 ?

Idéalement le ratio ⍵6 : ⍵3 devrait être de 5 : 1 mais l’alimentation actuelle, industrielle ou ménagère, est trop souvent déséquilibrée : trop d’⍵6 et pas assez d’⍵3.
Ces AGEPI sont tout d’abord la première source d’énergie de l’organisme, ce sont aussi des composants primordiaux des membranes cellulaires en assurant leur fluidité.
Ce sont également des précurseurs pour la formation de messagers locaux : les eicosanoïdes qui assurent, au travers des prostaglandines, des thromboxanes et des leucotriènes, d’importantes fonctions de régulation locale de la vasomotricité, de l’agrégation plaquettaire, de l’inflammation et de la diurèse.
Le chat a la particularité de ne pas synthétiser l’acide arachidonique qui lui est donc indispensable et qu’il doit retrouver dans sa nourriture.

Mécanismes d’action des Omega 3 et des Omega 6 ?

L’acide α-linolénique (ALA = ⍵3) et l’acide linoléique (LA = ⍵6) sont les chefs de files de nombreux autres acides gras, synthétisés par l’organisme :

  • Les prostaglandines(PG), stimulent l’inflammation, régulent le flux sanguin de certains organes, contrôlent les transports ioniques à travers les membranes et modulent la transmission synaptique.
  • Les leukotriènes(LT) ont un rôle chimiotactique sur les leucocytes et provoquent la bronchoconstriction.
  • Les thromboxanes(TX) sont vasoconstricteurs et de puissants agents hypertenseurs, ils facilitent aussi l’agrégation plaquettaire. Leur nom vient de leur rôle dans la formation du caillot (thrombose).
  • Les phospholipides sont l’un des constituants le plus important du tissu cérébral (environ 20% du poids sec). Environ 50% des acides gras du cerveau sont des ⍵3 (EPA ou DHA).
  • Ces 2 familles, ⍵3 et ⍵6, agissent dans des modes opposés. D’une manière générale, les dérivés des ⍵6 sont plutôt vasoconstricteurs et pro-inflammatoires tandis que les dérivés des ⍵3 sont plutôt vasodilatateurs et anti-inflammatoires.
  • L’ingestion en excès d’un acide gras d’une série réduira les possibilités de métaboliser ceux de l’autre série ! Comme notre alimentation est trop riche en ⍵6, l’organisme tend à produire trop de PG, LT…Voir le tableau récapitulatif ci-dessous.
  • Le rendement de ces réactions métaboliques n’est pas rapide. Il est préférable de fournir directement de l’EPA et du DHA de source exogène plutôt de l’ALA pour rééquilibrer une ration ou soutenir un organisme malade.
Omega

Intérêt en pratique

Le phénomène de compétition existant entre Oméga-6 et Oméga-3 pour les mêmes enzymes va permettre de moduler la réponse inflammatoire.

Lors d’inflammation chronique, l’apport d’Oméga-3 à chaîne longue (EPA et DHA) en quantité élevée est bénéfique et très fortement recommandée.

Quand en apporter ?

Les besoins en ⍵3 varient en fonction de l’âge, de l’activité et de l’état de santé. Il faut suppléer la ration :

  • régulièrement pour rééquilibrer une alimentation ne satisfaisant pas au bon ratio
  • lors des situations physiologiques particulières que sont la gestation, la lactation et la croissance. En effet, 50% des acides gras du cerveau sont des ⍵3 (EPA et DHA). Lors de la gestation, les matières grasses ingérées par la future maman sont stockées dans le tissu adipeux puis relarguées dans le lait et ingérées par le chiot lors de la lactation. La composition en AGE du lait maternel dépend donc directement des apports alimentaires de la mère qu’il ne faut pas oublier de supplémenter ! Il est prouvé chez l’homme que l’exposition précoce aux poissons et aux ⍵3 protègent des dysfonctionnements immunitaires comme l’allergie, l’asthme et l’atopie, on peut vraisemblablement considérer qu’il en est de même chez l’animal.
  • lors de pathologies avérées et plus particulièrement en :

NEPHROLOGIE

En complément d’une alimentation adaptée et d’un traitement adéquat, la supplémentation en ⍵3 de poissons permet de protéger les néphrons et ainsi prolonger significativement l’espérance de vie du chat IRC.
En effet, les ⍵3 de poissons atténuent les effets pro-inflammatoires des thromboxanes protégeant le rein des effets de l’ischémie.
Ils réduisent aussi la synthèse d’IL-1 et de TNFα, ceux là même qui participent à la synthèse du collagène et favorisent la prolifération des cellules endothéliales aboutissant à la fibrose rénale.

CARDIOLOGIE

Par leurs propriétés anti-inflammatoire, anti-thrombotique, anti-radicalaire et anti-arythmique, l’apport  d’⍵3 de poissons limite les troubles du rythme cardiaque et de stress oxydatif. Grâce à leur apport énergétique élevé, les ⍵3 ralentissent aussi les phénomènes de cachexie.

cardiologie

NEUROLOGIE / GERIATRIE 

Le DHA est un constituant majeur des membranes neuronales, il permet une meilleure connexion synaptique et s’oppose à l’apoptose. Ses propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires font de ces ⍵3 de poissons un soutien indispensable chez l’animal âgé dans la prévention du syndrome de dysfonctionnement cognitif.

RHUMATOLOGIE

Les ⍵3 ont une action anti-inflammatoire par inhibition de la voie d’oxydation de l’AA. De nombreuses études, tant chez l’homme que chez l’animal, ont permis de démontrer que l’apport d’⍵3 de poissons permet de baisser les doses et parfois même d’arrêter l’administration d’AINS.

Ceci est possible car les ⍵3 de poissons :

  • préservent les GAGs en limitant leur dégradation,
  • Réduisent l’activité des agrécanases qui sont des enzymes responsables de la dégradation des protéoglycanes.
  • Diminuent la synthèse des eicosanoïdes pro-inflammatoires responsables de l’inflammation articulaire.
omegas arthrose

DERMATOLOGIE

L’apport d’⍵3 de poissons dans l’alimentation permet d’améliorer la qualité de la peau et l’aspect du pelage mais pas seulement :

  • Il favorise la production d’eicosanoïdes anti-inflammatoires (prostaglandine PGE3, leucotriène LTB5), et permet ainsi de modérer les réactions inflammatoires cutanées.
  • Il permet de diminuer le prurit rencontré dans les allergies (DAPP, dermatite atopique…) en inhibant la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires.

CANCEROLOGIE

Grâce à la diminution de la synthèse des cytokines pro-inflammatoires et une inhibition de l’enzyme cyclo-oxygénase COX-2 responsable de la synthèse des prostaglandines, les ⍵3 de poissons présentent de réelles propriétés anti-carcinogènes. Chez l’animal malade, il est fortement conseillé de fournir un régime riche en matières grasses qui lui apporte énergie mais pauvre en glucides car la cellule tumorale ne sait pas aussi bien détourner les lipides comme elle le fait avec les protéines ou les glucides.

MAIS AUSSI

En s’appuyant sur les activités et effets de ces ⍵3 de poissons, il est donc dans l’intérêt de l’animal malade, aussi bien dans les affections chroniques que dans les troubles aigus, d’enrichir son alimentation en ⍵3 de poissons et notamment :

  • Maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI)
  • Kérato-Conjonctivite Sèche et autres affections oculaires (DMLA, uvéite, cataracte…)
  • Épilepsie
  • CGSCF (Complexe Gingivo Stomatite Feline Chronique)
  • Obésité
  • Insuffisance hépatique
  • ……

Comment choisir les Omega 3 et les Omega 6 ? Les pièges à éviter

  • Les huiles de krill ou des petits poissons des mers froides (sardines, maquereaux…) sont la meilleure source d’acides gras oméga 3 à très longue chaîne appelés EPA (EicosaPentAénoïque) et DHA (DocoHexAénoïque).
  • Les ⍵3 d’origine végétale comme les graines de chia, le lin, la noix, le colza et le soja sont moins bien assimilés et peuvent parfois provoquer des troubles digestifs, il ne faut en donner qu’en faible quantité.
  • Il faut éviter les ⍵3 riches en vitamines A et D (ex : huile de foie de morue) car il y a un risque d’accumulation et de toxicité pour l’organisme qui ne peut pas éliminer ces vitamines liposolubles. Le seul additif devrait être la vitamine E d’origine naturelle qui est anti-oxydante, ce qui permet une meilleure conservation.
  • Les ⍵3 sont fragiles, il faut les conserver à l’abri de la lumière, de la chaleur et surtout de l’air car ils s’oxydent à son contact. Seuls les présentations sous forme de capsules molles ou de flacon « airless » permettent de conserver les omega 3 de façon optimum.

En quelle quantité ?

  • Chez le chien, la supplémentation en DHA + EPA est de 20 mg/kg pour les petits chiens puis 15 mg/kg pour les chiens moyens et 10 mg/kg pour les grands chiens. Le chiot nécessite 20% de plus et la chienne restante ou allaitante le double.
  • Chez le chat, la quantité de EPA + DHA est de 5mg/kg pour l’animal en bonne santé, le double chez le chaton et le triple chez la chatte gestante ou allaitante.

Présentation de l’AGE-MO 3 du laboratoire LABBEA ?

L‘AGE-MO 3 est :

  • un concentré d’huile de poissons riches en omega 3, acide gras essentiel et indispensable.
  • fortement concentré en EPA (35%) et en DHA (25%). l permet ainsi de corriger les déséquilibres alimentaires trop souvent carencées afin se rapprocher du ratio idéal
  •  ⍵6 : ⍵3 de 5 pour 1.
  • le complément idéal pour soutenir l’organisme dans les affections rénales, cardiaques, neurologiques, dermatologiques, rhumatologiques et en cancérologie.
  • à administrer pendant 6 semaines renouvelables ou en continu si nécessaire.
    • – de 10Kg : 1 pression/jour dans la nourriture ou directement dans la gueule.
      + de 10 Kg : 1 pressions par 10-15 Kg et par jour dans la nourriture ou directement dans la gueule.
      Gestation et lactation : doubler la dose.
      Animal malade : tripler la dose

BIBLIOGRAPHIE

Devaux, C.  : Etude de la supplémentation en huile de krill chez les carnivores domestiques. Thèse de doctorat vétérinaire 

Baeckeroot, F. (2005) Influence des acides gras essentiels ou poly-insaturés (oméga-3 et oméga-6) sur l’évolution de l’insuffisance rénale chronique du chien. Thèse de doctorat vétérinaire

Berthelot, M. (2007) Les acides gras oméga 3 en nutrition clinique des carnivores domestiques. Thèse de doctorat vétérinaire.

Calder, P. (2007) Immunomodulation by omega-3 fatty acids. Prostaglandins, Leukotrienes and Essential Fatty Acids, 327-335.

Fontaine, E. (2001) Diététique palliative de l’insuffisance rénale chronique chez les carnivores domestiques. Thèse d’exercice, Université Paul Sabatier – Toulouse III: 186 p.

Freeman, L. (2006) Maladies cardiovasculaires : influence de l’alimentation. Dans P. Pibot, Encyclopédie de la nutrition clinique canine, 316-341. Paris: Diffo Print Italia.

Sagols, N. Priymenko Le fonctionnement du cœur : intérêt des acides gras essentiels et des antioxydants chez les carnivores domestiques, Revue Méd. Vét., 2010.

Serge Martinod  DHA et système nerveux : Etat des lieux. Arcanatura LLC University of Connecticut

Dechra Veterinary Products : Intérêt des Oméga-3 dans l’alimentation des chiens et chats